Whirlpool – Amiens : mobilisation contre la fermeture

08 Février 2017

Manifestations et débrayages se succèdent pour protester contre le licenciement programmé l’année prochaine des 290 salariés de l’usine Whirlpool d’Amiens, d’un nombre presque équivalent d’intérimaires et d’une centaine d’ouvriers de la sous-traitance.

La direction du numéro un mondial de l’électroménager a pourtant fait tout son possible, promettant des primes pour que les ouvriers maintiennent la production à plein régime, malgré le sort qui leur est promis. Mais les ouvriers ont organisé un débrayage systématique de dix minutes chaque heure. Samedi 4 février, cent cinquante d’entre eux sont allés interpeller la maire d’Amiens à l’hôtel de ville. Ils ont défilé en centre-ville, conspuant la luxueuse chocolaterie de la famille Trogneux, qui est celle de la compagne de l’ex-ministre et candidat Macron. Ils ont également manifesté dans la zone commerciale devant les boutiques qui commercialisent les sèche-linge produits par Whirlpool.

Le président de région Xavier Bertrand fait mine d’exiger du gouvernement et de la direction un engagement ferme pour l’installation d’entreprises qui réindustrialiseraient le site et réembaucheraient les licenciés. Mais tout le monde a en mémoire les promesses successives des gouvernements et des actionnaires concernant le maintien de l’emploi sur ce site, passé de 1 300 ouvriers en 2002 à bientôt zéro. En 2009, un accord avait été mis en place : les salariés avaient renoncé définitivement à 14 jours de RTT, ils devaient désormais travailler deux samedis gratuitement, accepter le passage de la semaine de 32 h 75 à 35 heures sans augmentation de salaire, subir la flexibilité en fonction des commandes et le blocage des salaires jusqu’à aujourd’hui. C’était en échange de la promesse du maintien de la production et de l’emploi !

« De l’argent, il y en a dans les caisses du patronat ! », scandaient les ouvriers en manifestation. En effet le géant de l’électroménager a réalisé 21 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 800 millions de bénéfices l’an dernier. Largement de quoi maintenir tous les emplois !

Correspondant LO