Vivarte : préserver l’emploi, pas la fortune des actionnaires

08 Février 2017

Au rythme des réunions des comités d’entreprise des enseignes composant le groupe Vivarte (André, Kookaï, Minelli, La Halle…), les travailleurs prennent connaissance du nombre officiel de fermetures de magasins, de cessions d’enseignes et des suppressions de postes qui en découlent.

141 magasins La Halle aux chaussures sur 680 vont fermer, 707 nouvelles suppressions de postes sont prévues, Pataugas, Chevignon, André, Merkal en Espagne vont être vendus.

Mais le PDG de Vivarte masque la réalité en parlant de postes supprimés, et non d’emplois. Or, compte tenu de la prédominance du travail partiel, qui représente 51 % des effectifs du groupe, 700 postes supprimés représentent près de 1 500 emplois de moins, comme le dénoncent les syndicats du groupe. Le PDG n’est d’ailleurs pas à une provocation près. Dans une interview à Paris-Match, il déclare que « rien n’interdit de penser que nous pourrons céder d’autres marques ». Ce serait encore plus de magasins fermés et d’emplois supprimés.

Les licenciements massifs décidés par les dirigeants successifs de Vivarte, plus de 5 000 emplois supprimés sur les cinq dernières années, ne sont pas le fruit d’erreurs de gestion, comme on peut le lire dans la grande presse. C’est le mode de fonctionnement du système capitaliste qui est en cause. Sa seule règle est de drainer, au nom de la propriété du capital, toujours plus de richesses dans les coffres-forts d’une poignée de parasites, au détriment de ceux qui les créent par leur travail.

En opposition aux fonds actionnaires, l’intersyndicale de Vivarte a appelé à « un projet industriel alternatif ». Mais cela ne peut aider les travailleurs à faire face au rouleau compresseur des licenciements et à ceux qui les décident. Un tel projet est une chimère qui ne peut que détourner les travailleurs de Vivarte de la défense de leurs intérêts collectifs. Les propriétaires de Vivarte, des actionnaires à l’origine du groupe aux fonds d’investissement actuels, ont bâti leur fortune sur le travail de dizaines de milliers de travailleurs. C’est à ces capitalistes de payer, y compris sur leur fortune personnelle, afin de garantir à chaque travailleur du groupe un emploi et un salaire convenables.

Philippe Logier