Sanofi : notre santé ou la leur

08 Février 2017

Sanofi, premier groupe pharmaceutique français, vient de battre un nouveau record en versant 6,7 milliards d’euros aux actionnaires au cours de l’année 2016, sous forme de dividendes et de rachats d’actions.

Au même moment, Sanofi-Pasteur, la division vaccins du groupe, met en œuvre un plan de compétitivité. Ce plan, dit Agilité, prévoit la suppression de quatre jours de RTT et impose plus de 200 heures de travail supplémentaires non payées par an à certains salariés.

Le principe du plan a été imposé en octobre après un référendum organisé par certains syndicats, sous la pression d’un grossier chantage de la direction et en mêlant les voix des ouvriers à celles des cadres. Aujourd’hui, les salariés des trois sites de production découvrent l’ampleur des reculs qu’on veut leur imposer. À Marcy-l’Étoile, dans la région lyonnaise, le temps de pause de 45 minutes par jour ne sera plus payé. Ainsi, pour les salariés en rythme 5x8, la durée de la journée de travail va passer de 8 h 15 à 8 h 30, tandis que le temps effectivement payé passe de 8 h 15 à 7 h 45. À cela s’ajoute la suppression de 10 jours de congés payés d’équipe. Pour les autres rythmes, cela va dans le même sens, comme pour ceux en 2x8 qui perdent environ 20 jours de repos par an.

Sanofi est un champion de l’industrie nationale aux carnets de commandes pleins. Il a reçu 153 millions d’euros de cadeaux fiscaux en 2015 au titre du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) et du CIR (crédit d’impôt recherche). Il réalise entre 6 et 8 milliards d’euros de bénéfices par an depuis plus de dix ans. Avec quelles conséquences pour les travailleurs ? Des conditions de travail qui se dégradent ; des rythmes intenables avec des journées sans pause ; des milliers d’emplois supprimés. L’exemple de Sanofi montre que ni le made in France ni la santé insolente des entreprises ne protègent les travailleurs de la rapacité des capitalistes.

Rien qu’avec les milliards versés aux actionnaires, Sanofi pourrait doubler son effectif mondial en embauchant 130 000 travailleurs payés 2 000 euros net par mois. C’est la seule solution pour réduire le chômage en répartissant le travail entre tous.

Correspondant LO