Revenu universel : pas d’aumône, un travail !

08 Février 2017

À en croire Benoît Hamon, candidat du PS à la présidentielle, « notre modèle de développement est dépassé et 43 % des emplois en France sont menacés » par la révolution numérique et l’utilisation croissante des robots. On irait à grands pas vers une société de la fin du travail. Sa solution est le revenu universel, dont il a fait sa marque de fabrique et qui, selon certains, serait la grande innovation de la campagne présidentielle 2017.

Mais que serait ce revenu universel d’existence, selon son nom complet ? D’abord, pas grand-chose en termes de pouvoir d’achat : même si Hamon entretient le flou à ce sujet, son revenu universel ne dépasserait pas le niveau du minimum vieillesse.

Les politiciens qui prônent le revenu universel, tel Hamon, sans oublier ceux qui ont le culot de le juger trop coûteux, seraient bien en peine de dire comment on peut vraiment vivre avec 750 euros par mois, eux qui peuvent gagner dix fois plus comme ministre ou parlementaire, et dont beaucoup côtoient les milieux de la grande industrie et de la finance, aux revenus bien plus élevés encore.

Mais ce n’est pas à leur monde que ces gens-là destinent le revenu universel, ou les mensonges sur le travail qui viendrait à manquer, ce à quoi les travailleurs devraient s’adapter en acceptant des revenus de misère. Car tous les discours sur le revenu universel se réduisent à cela : préparer l’opinion à de nouvelles réductions du pouvoir d’achat.

Les dames patronnesses du 19e siècle allaient donner la pièce aux ouvriers que leurs maris exploitaient, en espérant que cela éviterait qu’ils se révoltent contre leur sort.

Hamon sait que le monde du travail n’en peut plus, avec l’explosion du chômage et de la précarité, les millions de chômeurs, de salariés de plus en plus mal payés, de jeunes sans perspectives… Mais, pour lui et ses pareils, il n’est pas question de pointer du doigt celui qui en est la cause : le patronat. Et encore moins de prendre sur les profits patronaux accumulés, afin d’assurer un travail et un salaire suffisant à tous les travailleurs. Alors, certains nous servent le revenu universel.

Ce qu’il faut aux salariés, jeunes ou vieux, avec ou sans emploi, aux retraités, ce n’est pas une aumône. Les travailleurs veulent vivre dignement, avec un salaire décent, qui ne devrait pas être inférieur à 1 800 euros net, de même que les retraites, allocations et pensions.

Pierre LAFFITTE