Mélenchon : son ennemi c’est la finance…

08 Février 2017

Dans son livre L’Avenir en commun, Jean-Luc Mélenchon présente son programme, celui de son mouvement La France insoumise. Au chapitre consacré à l’économie, pour protéger les salariés et la production en France, il affirme vouloir « mettre au pas la finance ». Voilà qui rappelle le « Mon ennemi, c’est la finance » de Hollande en 2012, avant un quinquennat entièrement aux ordres du patronat.

Mélenchon, qui se veut en rupture avec ce désastre économique, fait donc une série de propositions : séparer les banques d’affaires et de détail, contrôler les mouvements de capitaux, instaurer une taxe réelle sur les transactions financières, moduler l’impôt sur les sociétés selon l’usage des bénéfices pour encourager l’investissement en France…

Le ton est radical mais, derrière les formules, en dehors de la référence cocardière habituelle, on trouve le flou : qu’est-ce qu’une taxe « réelle » ? Qui contrôlera les mouvements de capitaux ? Et proposer au patronat le donnant-donnant, avantages contre investissement, au nom de la défense de l’économie, qu’est-ce d’autre que continuer sur la lancée de tous les gouvernements ? À supposer que de telles propositions prennent forme, les entreprises sont capables de tourner la loi ou de la mettre à profit pour être encore moins imposées. Renault a bien créé une filiale fantôme pour toucher un maximum du crédit impôt-recherche, et ce n’est qu’un exemple.

Les réglementations peuvent gêner le patronat ou les financiers, un certain temps. Mais, pour les adoucir ou les contourner, ils ont leurs représentants politiques et plus encore leurs relations dans l’appareil d’État, dans de multiples institutions économiques ou judiciaires, y compris celles qui sont censées les contrôler.

Ce système, Mélenchon n’en dénonce que les abus et prétend l’améliorer. Il veut faire croire qu’il suffit de voter pour lui et qu’il fera le reste. Hollande n’avait pas dit autre chose en 2012.

Sylvie MARÉCHAL