L’indignation inoffensive de Hamon

08 Février 2017

Vendredi 3 février, entouré d’une nuée de journalistes, Hamon a fait une visite éclair aux salariés de Neuhauser menacés de 259 licenciements, à Folschviller en Moselle.

Hamon s’est indigné que Neuhauser ait touché 4,3 millions d’aides au titre du CICE. Mais ce crédit d’impôt compétitivité emploi a été mis en place par le gouvernement Ayrault, dont il était ministre.

Le candidat socialiste n’a pas poussé l’audace jusqu’à demander aux actionnaires, la richissime famille Soufflet, assise sur une fortune de 600 millions, de rembourser ces aides données soi-disant pour l’emploi. Il est encore moins question pour lui de demander aux actionnaires passés de prendre sur leurs fortunes accumulées pour maintenir les emplois : Alfred Neuhauser a un magot de 200 millions et un revenu annuel de 8 millions.

Hamon a consenti à signer la pétition des salariés pour le maintien de l’emploi. Mais il leur a dit qu’il allait écrire à la direction « pour que M. Soufflet reconsidère sa position, ce sera plus efficace ». On imagine combien cela va terroriser les actionnaires ! Et c’est une fois de plus, « laissez-moi faire, je m’en charge ».

Un salarié de Neuhauser expliquait à la presse régionale, après la visite de Benoît Hamon : « Il y a eu Sarko à Gandrange et Hollande à Florange ; il y aura maintenant Hamon à Folschviller. » Sarkozy puis Hollande avaient promis, dans ces usines d’ArcelorMittal, le maintien des emplois, pour finalement se coucher devant la volonté du patron du groupe de fermer l’aciérie de Gandrange puis les hauts fourneaux de Florange.

Hamon, lui, se contente de la promesse d’un petit courrier, qui n’infléchira évidemment pas la décision des actionnaires.

Mieux vaudra pour les travailleurs compter sur leur mobilisation pour faire reculer la direction que sur cet ancien ministre de Hollande, qui s’est découvert opposant après deux années passées au gouvernement de Ayrault puis de Valls... en plein accord avec leur politique jusqu’à ce qu’elle devienne par trop impopulaire.

Pour qu’enfin cesse l’hémorragie d’emplois, il faut cesser les cadeaux au patronat. Il faut leur imposer l’interdiction des licenciements et des suppressions d’emplois. Il faut prendre sur la fortune des riches et des capitalistes pour assurer le maintien et l’augmentation de tous les salaires. Une seule candidate à l’élection présidentielle défend ce programme, et c’est Nathalie Arthaud.

Étienne HOURDIN