Fessenheim : l’inquiétude de la population et des salariés

08 Février 2017

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim dans le Bas-Rhin était une promesse du candidat Hollande en 2012. Encore une qu’il ne tint pas. Fillon, lui, a promis de ne pas la fermer s’il était élu. Fermeture ou maintien, ils ont au moins en commun leur indifférence complète au sort des travailleurs, ceux de la centrale ou ceux vivant dans le voisinage.

Les travailleurs de la centrale ont des raisons de s’inquiéter, puisqu’ils ne savent rien sur leur sort en cas de fermeture. Pourtant une chose est sûre : ce n’est pas à eux de payer, EDF a largement de quoi maintenir tous les emplois, sur place, avec les mêmes salaires.

Mais la plupart des travailleurs sont également inquiets... que la centrale soit toujours en service. Et chez les habitants de la région c’est cette inquiétude qui l’emporte. Non seulement elle est vétuste (c’est la plus vieille en France), mais elle est installée en zone de risque sismique, avec plusieurs usines chimiques classées Seveso à proximité. Cela dans une région très densément peuplée : un million d’habitants vivent dans un rayon de 30 km, avec notamment les villes de Colmar, Mulhouse et Freiburg (en Allemagne).

Les incidents se répètent, certains graves. L’accident le plus sérieux s’est produit en avril 2014. Le site a alors été inondé, la centrale ayant été construite en zone inondable : sous le niveau du grand canal d’Alsace ! Plusieurs systèmes d’arrêt d’urgence ont successivement fait défaut, et la situation a été un temps hors contrôle. L’Autorité de sûreté nucléaire a mis plus de deux ans à reconnaître la gravité de l’accident. Parmi les derniers incidents, il y a eu la découverte d’une pièce non conforme au nucléaire (en raison d’une fraude) dans un générateur de vapeur.

Lorsqu’il y a un problème, l’opacité règne : il est impossible de savoir ce qui se passe, ASN et EDF minimisent systématiquement ou nient. C’est bien au fond le premier problème, ce secret bien entretenu devrait être levé pour que les premiers concernés, les salariés et habitants, aient enfin les moyens de se faire un avis, et aient un vrai contrôle sur les décisions qui les impliquent.

Correspondant LO