EDF : le profit aux dépens du personnel et des usagers

08 Février 2017

La direction d’EDF a annoncé son intention de diminuer les effectifs de plusieurs milliers. Combien au juste ? C’est encore flou. EDF comptait environ 64 300 salariés en 2016 et la direction prévoit une fourchette de 60 200 à 62 050 en 2019, soit 2 250 à 4 100 salariés de moins. Mais si l’on adjoint les filiales d’EDF (RTE, Énedis, etc.), selon des sources syndicales, 9 000 postes pourraient être supprimés.

La raison invoquée par la direction est de faire des économies, justifiées par la dette d’EDF. Mais en réalité celle-ci n’est pas plus importante que pour bien des sociétés et elle est due surtout au fait qu’EDF a racheté à tour de bras ces dernières années des sociétés étrangères.

Il y a aussi les travaux de maintenance du parc nucléaire (le « grand carénage ») qui va coûter cher. Mais EDF est censée avoir des provisions pour cela. Elle réalise chaque année des milliards de profit. Pour 2016, les chiffres n’ont pas encore été publiés mais, au seul premier semestre 2016, les bénéfices d’EDF dépassent les deux milliards d’euros.

Il y a enfin le rachat que l’État a imposé à EDF d’une partie d’Areva, en quasi-faillite.

EDF, qui se dit forcée de faire des économies, est aussi la même entreprise qui entreprend d’allonger 16 milliards d’euros (et peut-être bien davantage en cas de probable dépassement) pour le projet des réacteurs britanniques d’Hinkley Point.

EDF, pour réaliser des économies, s’en prend non seulement au personnel, mais aussi aux usagers. Ainsi au 1er août une augmentation des tarifs est déjà prévue.

Au moment où des tempêtes successives balaient surtout l’ouest du pays, provoquant des coupures de courant à répétition pour des centaines de milliers de foyers, le problème des lignes électriques moyenne et basse tension qui ne sont pas enterrées et sont victimes du vent et des chutes de branches continue de se poser. Les enterrer coûterait très cher, certes, mais le projet d’Hinkley Point coûte aussi très cher.

EDF cherche par-dessus tout à faire des profits, quitte à sacrifier personnel et usagers. Or l’État est propriétaire à 85 % de cette entreprise, qui dans cette affaire contribue à l’augmentation du chômage.

André VICTOR