Corruption et corrupteurs

08 Février 2017

Ces sept dernières années, selon Le Monde, plus de 3 000 ministres, députés, sénateurs, maires et hauts fonctionnaires ont connu la prison. C’est que la chute de la dictature de ­Ceausescu le 22 décembre 1989 et son exécution trois jours plus tard n’ont pas mis fin aux abus des dirigeants. Au contraire, la privatisation de pans entiers de l’économie roumaine a aiguisé les appétits et ouvert d’énormes possibilités aux profiteurs en tout genre.

Les diplomates des pays riches, dont la France, s’émeuvent de la corruption des milieux dirigeants roumains, mais sont beaucoup moins regardants sur les méfaits du capital financier qui domine un pays où le smic est de 320 euros et le revenu moyen par habitant ne s’élève qu’à 57 % du revenu moyen de l’Union européenne. Or une filiale de la Société générale dispose de 860 agences en Roumanie, elle est la deuxième banque privée du pays, derrière la filiale d’une banque autrichienne. Quand les députés PSD, à l’approche des élections de décembre dernier, avaient voté des hausses de salaire dans la santé et l’éducation, le Fonds monétaire international, la Commission européenne et l’agence de notation Standard and Poor’s avaient même mis en garde contre de telles initiatives « qui risquent d’entraîner un creusement du déficit public plus rapide que prévu ».

Derrière la corruption du personnel politique, il y a le pillage légal par les industriels et les banquiers des grands pays de l’Union européenne.

Jean SANDAY