Contrôle ouvrier sur la production et les comptes des bourgeois !

08 Février 2017

Le montant des dividendes versés aux actionnaires de sociétés européennes ne cesse de battre des records : 302 milliards d’euros en 2016 ! Les profits des grandes entreprises se portent bien, grâce aux sacrifices imposés aux travailleurs.

Comment ne pas être révolté, quand ceux qui imposent licenciements, dégradation des conditions de travail, baisse du niveau de vie s’engraissent d’année en année ? Même quand ils truquent les résultats de leurs entreprises pour justifier leurs mauvais coups contre les travailleurs ou pour ne pas payer d’impôts, les faits sont là : leur fortune ne cesse d’augmenter et ces milliards viennent bien de quelque part.

Les travailleurs sous contrôle permanent...

Les travailleurs sont contrôlés en permanence : ils doivent justifier leurs ressources et donner des garanties pour louer un appartement ou souscrire un crédit ; ils sont surveillés, évalués, chronométrés au travail ; au chômage, ils doivent rendre des comptes sur leurs recherches d’emploi. Mais lorsqu’un patron licencie sous prétexte de difficultés financières ou qu’un groupe ferme une usine prétendument pas rentable, il faudrait les croire sur parole ?

Les secrets industriel, commercial, bancaire seraient indispensables, disent les patrons, à cause de la concurrence. Mais cette concurrence mène l’humanité à la catastrophe et ces secrets servent à tromper la population. Ils servent à cacher les mauvais coups que les patrons préparent, comme la fermeture de l’usine de Whirlpool à Amiens, qui était probablement décidée des années avant qu’elle soit annoncée ; leurs combines financières, qui permettent par exemple à Bettencourt de ne pas payer d’ISF ; ou encore leurs tricheries criminelles, comme celle sur les véhicules diesel. Ce dernier exemple montre d’ailleurs ce que vaut l’argument de la concurrence, puisque tous les constructeurs semblent être impliqués.

...pourquoi pas les patrons ?

Il est donc vital d’imposer la levée de ces secrets. Les travailleurs peuvent imposer leur contrôle sur la production et les comptes des entreprises, des banques, des bourgeois… et de leurs familles. Il faut qu’ils s’organisent pour surveiller ce qui est produit et dans quelles conditions. Les ouvriers, techniciens, ingénieurs, qui sont au cœur de la production, les employés qui mettent en forme et transmettent les décisions des dirigeants, ceux qui participent à la comptabilité, pourraient mettre en commun les informations dont chacun dispose et vérifier combien leur travail rapporte à l’entreprise et ce que devient cet argent. Combien en salaires ? Combien en profits ? Combien est réinvesti et combien jeté dans la spéculation ? Ce contrôle rendrait intenables les mensonges de la bourgeoisie et mettrait à nu la gabegie de l’économie capitaliste.

Les travailleurs pourraient aussi surveiller les prix de vente dans les magasins et se donner ainsi les moyens d’imposer une véritable indexation des salaires et des pensions sur les prix, les taxes et les prélèvements, au contraire des gouvernements qui affirment que les prix n’augmentent presque pas depuis des années et justifient ainsi que les salaires stagnent.

Ce contrôle des travailleurs mettrait en évidence les possibilités pour garantir un emploi et un salaire correct à tous mais aussi pour répondre aux besoins matériels de toute la population. Il est essentiel de l’imposer.

Nicolas CARL