Toulouse – Blagnac : les pompiers de l’aéroport se font craindre25/01/20172017Journal/medias/journalnumero/images/2017/01/2530.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Toulouse – Blagnac : les pompiers de l’aéroport se font craindre

Une société privée sous-traitante, Falck, emploie la quarantaine de pompiers de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Après plusieurs attaques contre leurs conditions de travail, ces derniers ont décidé de réagir. À 100 % ils ont déclaré leur intention de faire grève, deux jours à l’avance, comme la loi Diard le leur impose.

Falck et ATB (Aéroport Toulouse-Blagnac, qui gère l’aéroport) ont utilisé ce délai pour tenter de briser le mouvement. Il y a une dizaine d’années, une grève des pompiers avait complètement paralysé l’aéroport et ATB et toutes les compagnies aériennes craignaient de connaître la même situation. Pour l’éviter, ils ont obtenu l’aide du gouvernement. Ainsi, la veille de la grève, un ordre de réquisition a été apporté par les gendarmes au domicile des pompiers concernés. Dans son courrier, le préfet expliquait que cette grève pourrait provoquer des attroupements de passagers et que le risque d’attentats terroristes s’en trouvait accru ! Une fois de plus, l’état d’urgence était utilisé comme prétexte contre des travailleurs en lutte.

La veille également, dès 19 heures, les badges des pompiers en service à ce moment étaient désactivés alors que la grève n’était prévue qu’à partir du lendemain, le vendredi 20 janvier. Ainsi, les pompiers en service jusqu’à minuit n’ont pu partir chez eux et ont été bloqués dans leur caserne jusqu’au lendemain. Quant à ceux qui restaient en service cette nuit-là, ils n’auraient pas pu intervenir en cas d’incendie sur certains secteurs de l’aéroport. Dans l’affolement, ATB était prêt à faire n’importe quoi contre le mouvement.

Vendredi 20 janvier au matin, le trafic pouvait reprendre grâce aux pompiers réquisitionnés. Mais tous les autres étaient présents. Ils ont défilé dans l’aérogare, escortés par un nombre encore plus important de policiers et de gendarmes.

Très vite, dans la journée, ATB et Falck engageaient des négociations. Falck proposait une augmentation d’environ 150 euros net mensuelle. Quant à ATB, il s’engageait à en finir avec la sous-traitance en intégrant le personnel en son sein. Ce serait enfin la fin de l’appel d’offres qui touche les sous-traitants tous les trois ans, souvent l’occasion de nouvelles attaques.

Après seulement une douzaine d’heures de mouvement, les pompiers ont donc obtenu bien plus qu’en des mois de palabres avec leur direction, et ils ont accepté ces propositions. Montrer sa détermination et se faire craindre, ça a payé.

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