Nathalie Arthaud : « Salaires et emplois doivent être garantis ! »26/10/20162016Journal/medias/journalarticle/images/2016/10/p16_NA_manif_loi_travail_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C1200%2C675_crop_detail.jpg

Leur société

Nathalie Arthaud : « Salaires et emplois doivent être garantis ! »

Illustration - « Salaires et emplois  doivent être garantis ! »

« [Hollande] a menti pendant la campagne de 2012, il a menti encore quand il a expliqué que tous les emplois ont été sauvés, qu’aucun salarié ne s’est retrouvé sur le carreau… C’est faux ! Toutes les entreprises de sous-traitance le disent, elles ont dû réduire énormément leur activité puisque justement les hauts-fourneaux ont fermé, et donc il y a eu des licenciements. Il y a eu des intérimaires qui ont été renvoyés, et surtout, ce sont plus de mille postes en moins sur la région, ce qui veut dire des emplois qui manquent pour les jeunes. Et cela dans une région qui est déjà sinistrée, dans des villes dont certains maires disent qu’elles sont en train de mourir avec toutes ces fermetures. » C’est ainsi que Nathalie Arthaud, invitée du « 19-20 » de France 3 Lorraine le 22 octobre à l’occasion de sa venue à la rencontre des travailleurs de ce département, a répondu à une question sur la visite de Hollande à Florange, ajoutant que Hollande s’est « couché face à ArcelorMittal, qui est quand même un grand groupe richissime ».

Quant à Arnaud Montebourg, venu lui aussi à Florange quelques jours avant Hollande, il « n’a pas fait plus, car lui aussi s’est aplati face à Mittal. Ce n’est d’ailleurs pas là-dessus qu’il a démissionné. Il est resté au gouvernement après ça. Il aurait fallu imposer à Mittal de conserver tous ces emplois, de préserver l’avenir de ce site, tout simplement. Ce sont des grands groupes, ils ont de la marge, ils ont des moyens. La réalité, c’est qu’ils veulent toujours faire plus de profits, plus de rentabilité, et tous ceux qui sont au gouvernement, la gauche comme la droite – Sarkozy, c’était Gandrange – sont au service de ces grands capitalistes. Ils mènent la même politique, c’est toujours imposer des sacrifices et faire reculer la condition ouvrière. »

Les travailleurs de Saint-Gobain à Pont-à-Mousson se voient annoncer une nouvelle période de chômage partiel et, là encore, « on essaie de mettre dans la tête des travailleurs qu’il faut qu’ils acceptent de devenir complètement précaires, que leur vie s’adapte aux aléas du marché. Mais les loyers ne sont pas flexibles, c’est la même somme à payer à la fin de chaque mois, l’estomac des enfants n’est pas flexible non plus, il faut les nourrir, les factures tombent, il faut les payer. Nous, nous disons qu’il faut que les salaires des travailleurs soient garantis, que leur emploi soit garanti, et même mieux en réalité… Tous ces grands groupes ont de l’argent, on devrait pouvoir se servir de ces superprofits pour répartir le travail entre tous et pour créer des emplois. Pour toute cette jeunesse condamnée aux petits boulots, aux périodes de chômage. La société en crève de cela. Si la société est de plus en plus violente, s’il y a cette délinquance, cette déshumanisation, ce chacun pour soi, cette opposition entre les gens montés les uns contre les autres, c’est justement parce que certains ont intérêt à supprimer des emplois et à créer du chômage ! »

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