ArcelorMittal – Bourg-en-Bresse : le patron doit payer !20/07/20162016Journal/medias/journalnumero/images/2016/07/2503.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

ArcelorMittal – Bourg-en-Bresse : le patron doit payer !

Cette année, le départ en vacances a un goût amer pour une partie des travailleurs de l’usine ArcelorMittal. Ceux de l’atelier tréfilerie, une centaine sur plus de 300, verront leurs congés payés prolongés par du chômage partiel au moins jusqu’au 5 septembre. Indemnisés à 70 % de leur salaire brut, ils perdront au minimum 11 euros par jour. Cela fera un manque à gagner de 200 à 300 euros sur leur paie du mois d’août. Le patron ne paiera rien puisque l’allocation de chômage partiel est payée par l’État.

Cette usine de la division Wire Solution du groupe ArcelorMittal fabrique du fil et des câbles notamment pour les forages pétroliers. Fin 2013, quand le cours du pétrole était au plus haut, la direction avait annoncé, bien relayée par les médias, des investissements de 15 millions d’euros pour répondre à un gros contrat signé avec Technip. Cet équipementier de l’industrie pétrolière utilise des aciers spéciaux pour fabriquer les gaines flexibles capables de transporter le pétrole en eaux profondes. Ce « contrat de la décennie » arrivait après un plan de 50 suppressions d’emplois. Il a été suivi d’un recours accru à l’intérim mais quasiment pas d’embauche.

Le contrat à peine signé, le cours du pétrole s’est effondré, entraînant le ralentissement de l’exploitation pétrolière puis celui des commandes de fil. À Bourg, depuis des mois, les rumeurs courent sur l’avenir de cet atelier qu’Arcelor s’apprête à revendre au fonds américain Oaktree. Le nouveau laminoir, récemment livré, n’a même pas été déballé ! En quelques mois, la poule aux œufs d’or, qui avait justifié une visite du dernier rejeton de Lakshmi Mittal, semble devenue un fardeau dont Mittal cherche à se débarrasser. Et les dirigeants ont fait payer ces soubresauts aux travailleurs en leur imposant de poser leurs jours de RTT ou d’ancienneté en mai puis en juin et maintenant en les mettant au chômage partiel avec des pertes de salaire non négligeables.

S’il n’y a pas eu de riposte collective pour obtenir une meilleure indemnisation du chômage, la colère et le dégoût des travailleurs se sont exprimés à travers les débrayages contre la loi travail qui ont été très bien suivis à l’usine depuis le 31 mars et encore jusqu’au 5 juillet.

Il y a en effet de quoi être en colère quand un groupe richissime comme ArcelorMittal, qui reçoit des centaines de millions d’euros de l’État au titre du CICE ou du crédit impôt recherche, fait payer aux travailleurs les aléas de son marché. Pour Mittal et ses semblables, « entreprendre » signifie encaisser les profits et reporter tous les risques sur les travailleurs ou sur la collectivité.

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