Thaïlande : un esclavage dont profitent les capitalistes de la distribution

09 Juillet 2014

Une enquête du journal anglais le Guardian du 10 juin, dénonçant l'esclavage dans les pêcheries en Thaïlande, a provoqué un nouveau scandale dans le monde des grandes surfaces.

Après l'affaire du Rana Plazza, qui a mis en lumière les conditions innommables d'exploitation des ouvrières du textile, ce sont encore les enseignes Carrefour, Wallmart ou Aldi qui sont mises en cause. Elles prétendent de nouveau n'être au courant de rien et ne pas contrôler les conditions de travail de CP Foods, l'entreprise thaïlandaise qui les fournit. Mais la seule chose qui les intéresse est le faible prix d'achat de crevettes thaïlandaises qui ont pourtant le goût du sang.

Le Guardian a révélé que les bateaux de pêche se fournissent en main-d'oeuvre auprès des filières de clandestins birmans ou cambodgiens. Ces migrants, trompés par les passeurs, sont vendus quelques centaines d'euros, enfermés sur des bateaux, drogués aux amphétamines pour leur permettre de travailler 22 heures sur 24. S'ils tentent de se sauver, on les mutile, on leur casse les dents ou on les tue. Ils peuvent rester ainsi deux voire trois ans sur ces bateaux, leur seul espoir est de s'en échapper comme ont pu le faire ceux qui ont témoigné.

Dans un rapport publié le 20 juin, le Département d'État américain a accusé la Thaïlande aux côtés de la Malaisie et du Venezuela, de ne pas lutter suffisamment contre la traite d'êtres humains. Des sanctions pourraient être prises. Parallèlement Carrefour, échaudé par les derniers scandales, a annoncé mettre fin à ses contrats avec l'entreprise thaïlandaise CP Foods. Mais pour un scandale révélé, combien sont étouffés ?

Aline URBAIN