Guadeloupe : procès de deux militants de Combat Ouvrier et de Rebelle !

27 Mars 2013

Mercredi 13 mars a eu lieu le procès de deux camarades de Combat Ouvrier, organisation trotskyste antillaise, membre comme Lutte Ouvrière de l'UCI (Union communiste internationaliste). Il s'agit de deux étudiants : Sony Laguerre et Raphaël Cécé. Ces deux camarades sont par ailleurs animateurs du journal étudiant et lycéen Rebelle ! Ils sont accusés pour l'un de « coups et blessures » et pour l'autre de « menaces » sur policiers, lorsque les agents de la compagnie d'intervention de Pointe-à-Pitre ont chargé un rassemblement pacifique devant le commissariat de Pointe-à-Pitre, le 18 mai dernier.

Ce jour-là, à l'appel de Rebelle !, une cinquantaine de jeunes s'étaient regroupés pour soutenir l'une de leurs camarades convoquée au commissariat. Depuis deux ans, les jeunes de Rebelle ! sont harcelés par les proviseurs, qui déposent plainte contre eux pour des peccadilles. En fait, c'est non seulement le ton persifleur et contestataire du petit journal lycéen qui les gêne, car il dénonce les fréquents abus d'autorité, mais aussi les opinions politiques révolutionnaires et anticapitalistes qu'il affiche.

Mercredi 13 mars donc, 200 personnes s'étaient regroupées devant le tribunal de Pointe-à-Pitre : une centaine de lycéens, d'étudiants, de parents et d'amis, mais aussi une centaine de militants de la CGTG et de travailleurs en lutte venus faire entendre leurs revendications et soutenir la liberté d'expression de la jeunesse.

Au son des slogans des jeunes de Rebelle !, des militants de Combat Ouvrier et des tambours de la CGTG, le procès s'est étalé de 8 h à 18 h sans qu'aucune preuve de culpabilité n'ait été apportée - et pour cause ! Cela n'a pas empêché le procureur de réclamer quatre mois de prison avec sursis pour Raphaël et d'imposer à Sony un choix empoisonné entre de la prison ferme ou sept mois de sursis avec 105 jours de travaux d'intérêt général. Le juge a sommé Sony de choisir tout de suite entre les deux, et ce avant même que ses avocats n'aient eu la parole. Sony, bien sûr, a affirmé que ce choix était inacceptable vu qu'il est innocent. Le verdict a été renvoyé au 17 avril prochain.

Voilà bien le type de justice qui été dénoncé toute la journée au micro et aussi en chansons devant les portes de « leur » tribunal.

Pierre JEAN-CHRISTOPHE