Même quand les profits sont déclarés en baisse, les actionnaires sont royalement servis.19/04/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/04/une2020.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Même quand les profits sont déclarés en baisse, les actionnaires sont royalement servis.

Parmi les plus grosses entreprises, quelques-unes déclarent que leur bénéfice a baissé l'année dernière, mais elles n'envisagent nullement de réduire les dividendes qu'elles vont verser à leurs actionnaires.

Parmi les 40 premières entreprises françaises cotées en Bourse (le CAC40), neuf affichent des bénéfices coquets mais en baisse par rapport à l'année précédente. Encore faudrait-il pouvoir vérifier. Les actionnaires, eux, n'en subissent pas les effets. En revanche, les directions de ces entreprises ne se privent pas d'invoquer ces résultats en baisse pour refuser des augmentations de salaires, ou encore pour justifier des suppressions d'emplois.

Seul EADS n'a pas encore décidé ce qu'il fera de son bénéfice net, qui se monte tout de même à 99 millions d'euros en 2006, après la baisse annoncée de 99 %. Les autres ont déjà promis un maintien ou une augmentation des dividendes versés aux actionnaires. C'est le cas pour le groupe Lagardère, qui annonce des dividendes en hausse de près de 10 %, dont bénéficiera, pour commencer, Lagardère lui-même. Ce groupe, qui a conservé des participations dans EADS et comprend un empire de presse et de communication, affiche un bénéfice net en baisse. C'est aux salariés d'Airbus que l'on impose des sacrifices, avec les 10 000 suppressions d'emplois directs annoncées, sans compter les milliers d'autres chez les sous-traitants.

Chez Alcatel-Lucent, les effectifs doivent être amputés de 16 % et le groupe s'affiche désormais en perte, mais sa dirigeante promet aux actionnaires un dividende identique à celui de l'année dernière. PSA Peugeot Citroën va, lui aussi, redistribuer aux actionnaires un dividende identique à celui des années précédentes mais parle de suppressions d'emplois. Et quand des grévistes revendiquent une augmentation de salaire de 300 euros, la direction refuse en invoquant une diminution de 83 % de son résultat net. Et chez Renault le résultat net fléchit de 15 %, mais les dividendes doivent encore augmenter de 29 %.

Ces exemples ne sont pas exceptionnels. C'est la règle, quel que soit le résultat affiché, de choyer les actionnaires. Pour Michelin, le bénéfice baisse de 35,5 % mais les dividendes augmentent de 7,5 %, ce qui porte à 56 % leur progression en trois ans. France Télécom annonce la suppression de 22 000 emplois d'ici 2008, un résultat net en baisse de 28 %, mais un dividende en hausse de 20 %.

Voilà la réalité. Même quand les grandes entreprises crient misère, c'est un mensonge. Demandez plutôt à leurs actionnaires !

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